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Oh comme j'me hais.
Ça fait des mois et des mois que j'me hais, que j'me dit qu'il faudrait peut être que je commence à penser à éventuellement maigrir, vous voyez c'que j'veux dire '--
Aujourd'hui, il faisait du soleil, maman ne travaillait pas, et elle voulait sortir... voila que nous somme aterries dans un magasin de fringues. Pourquoi pas. Alors je zyeute un peu partout, jusqu'à voir LE jean, LE T-shirt et LE veston qu'il me fallait. On emporte tout ça dans la cabine et on essaies... Le t-shirt un peu serré, mais ma foi, c'n'est pas trop grave, c'est juste pour mettre au dessous du veston... on enfile le veston, tiens, impossible de fermer... pour le haut c'est plutôt flatteur, ma poitrine est -sans vantardise aucune- assez parfaitement développée. Seulement il y a également au niveau du ventre que je n'arrive pas a fermer ce putain de veston. Bon, tant pis... Il reste le jean, qui porte une étiquette sur laquelle est écrit «extra-large». Génial, les jeans larges, c'est c'que j'aime. On enfile une jambe, puis deux et on remonte le tout... jusqu'à ne plus pouvoir. C'est vexant, très vexant. Puis on enlève le jean, les larmes montent aux yeux. «Saloperies de cuisses graisseuses de merde sa mère la pute de lépreuse» J'sors de la cabine et accroche le tout aux portiques des vêtements qui ne vont pas, vêtements essayés par d'autres grosses cruches dans mon genre. Je retourne vers ma mère qui me demande c'qui va pas. «Tout»
Dans la voiture j'réfléchis, et les mots que j'ai déjà rencontrés sur le net ou dans les magazines me reviennent en tête comme un coup de poing dans la face d'un boxeur amateur. «Pro ana».
J'me l'étais interdit depuis un moment, bien qu'il fut un temps, en 5e, où je me faisais vomir. Mes meilleurs amies aussi me l'avaient interdit, ainsi que celui que j'aime depuis la rentrée en seconde, cette année. Me voila à «rejeter la faute» sur ceux que j'aime. Non. C'est moi qui n'avais simplement pas eu le courage de continuer, ma haine envers moi-même était tout bonnement plus faible que mon amour pour la bouffe.
Aujourd'hui y a pleins de choses qui s'apparentent à de bons arguments pour débuter ce nouveau mode de vie.
Cette amie, ou plutôt bonne copine avec qui je restais il y a 2 étés de cela. A cette époque on étaient foutues exactement de la même façon, bien comme il fallait. puis on s'est plus parlées, moi j'ai pris du poids, pas mal, il faut le dire, mais depuis quelques mois j'en ai déjà perdu, un p'tit plus... Elle pendant ce temps là, a maigri... beaucoup maigri. Cette année on s'retrouve dans la même classe, et j'ai sa perfection sous les yeux à longueur de temps, pendant que je sens cette graisse sur mon ventre quand j'me penche pour écrire.
Y a le fait que j'veux aller plus loin avec mon chéri, mais j'ose pas, j'ai honte de moi. H.O.N.T.E.
Et puis des tonnes et des tonnes de belles fringues que j'aurais pu avoir l'honneur de porter si seulement j'étais pas aussi ignoblement lourde sur cette balance. Ma 2e ennemie après moi.
Mais maintenant je sais, je sais que j'suis dedans, ana me voila, je suis là.
J'ai lu plusieurs régimes : Hollywood (ou Beverly Hills, les temps changent), le Mayo, le Kousmine... Nan, pas pour moi. J'ai opté pour le jeûne. Je connais, j'ai déjà pratiqué. J'ai échoué autant de fois. Mais pas cette fois.
J'ai tout de même peur des jours à venir. J'suis en vacances, et les invitations à dormir chez telle ou telle amies affluent. Ça va bien se voir que je n'mange rien. Tant pis «j'me sens pas bien, rien de grave» C'est vrai, rien de grave, une fois habituée... Ensuite, quand j'maigrirai semaine après semaine (pour mon plus grand bonheur), ça se verra aussi. Là j'ai envie de dire «Tant mieux» ouais, tant mieux. Et puis un jour on se dira «Tiens, elle est trop maigre la miss»... Tel est mon jour redouté, pour tout dire. Et puis quand les cours reprendront, quand mon chéri, mon coeur, mon amour verra que je ne mange rien, il va me faire une scène, puis il va me dire «si tu manges pas, j'mange pas» Et ça j'veux pas non. Lui, il est parfait comme il est. Et il est peut être même déjà trop maigre pour commencer à jouer à ce jeu.
Et maintenant que j'y repense, il y a quelques mois, j'avais déjà jeûné, comme je l'ai dit précédemment, j'me rappelle que devant la glace, ça s'voyait... ouais, j'avais dû perdre un bon 5kilos. C'était merveilleux, ce bonheur que j'avais ressenti quand Mamie m'avait dit «Ah oui, ça s'voit». Du bonheur pure et simple. Et c'est reparti pour un tour, mais celui-ci ne se verra pas stoppé par une putain de mauvaise alimentation. Non. Si vous saviez comme j'suis décidée.
Pour m'aider j'aurai encore et toujours la musique, ça peut paraître stupide ouais. Ces chansons qui sentent le haine et le désespoir à plein nez, c'est mon moteur, l'essence même de ma vie, et c'est partie, roulez jeunesse, adieu kilo, bienvenue monsieur jean.
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Oh comme j'me hais.
Ça fait des mois et des mois que j'me hais, que j'me dit qu'il faudrait peut être que je commence à penser à éventuellement maigrir, vous voyez c'que j'veux dire '--
Aujourd'hui, il faisait du soleil, maman ne travaillait pas, et elle voulait sortir... voila que nous somme aterries dans un magasin de fringues. Pourquoi pas. Alors je zyeute un peu partout, jusqu'à voir LE jean, LE T-shirt et LE veston qu'il me fallait. On emporte tout ça dans la cabine et on essaies... Le t-shirt un peu serré, mais ma foi, c'n'est pas trop grave, c'est juste pour mettre au dessous du veston... on enfile le veston, tiens, impossible de fermer... pour le haut c'est plutôt flatteur, ma poitrine est -sans vantardise aucune- assez parfaitement développée. Seulement il y a également au niveau du ventre que je n'arrive pas a fermer ce putain de veston. Bon, tant pis... Il reste le jean, qui porte une étiquette sur laquelle est écrit «extra-large». Génial, les jeans larges, c'est c'que j'aime. On enfile une jambe, puis deux et on remonte le tout... jusqu'à ne plus pouvoir. C'est vexant, très vexant. Puis on enlève le jean, les larmes montent aux yeux. «Saloperies de cuisses graisseuses de merde sa mère la pute de lépreuse» J'sors de la cabine et accroche le tout aux portiques des vêtements qui ne vont pas, vêtements essayés par d'autres grosses cruches dans mon genre. Je retourne vers ma mère qui me demande c'qui va pas. «Tout»
Dans la voiture j'réfléchis, et les mots que j'ai déjà rencontrés sur le net ou dans les magazines me reviennent en tête comme un coup de poing dans la face d'un boxeur amateur. «Pro ana».
J'me l'étais interdit depuis un moment, bien qu'il fut un temps, en 5e, où je me faisais vomir. Mes meilleurs amies aussi me l'avaient interdit, ainsi que celui que j'aime depuis la rentrée en seconde, cette année. Me voila à «rejeter la faute» sur ceux que j'aime. Non. C'est moi qui n'avais simplement pas eu le courage de continuer, ma haine envers moi-même était tout bonnement plus faible que mon amour pour la bouffe.
Aujourd'hui y a pleins de choses qui s'apparentent à de bons arguments pour débuter ce nouveau mode de vie.
Cette amie, ou plutôt bonne copine avec qui je restais il y a 2 étés de cela. A cette époque on étaient foutues exactement de la même façon, bien comme il fallait. puis on s'est plus parlées, moi j'ai pris du poids, pas mal, il faut le dire, mais depuis quelques mois j'en ai déjà perdu, un p'tit plus... Elle pendant ce temps là, a maigri... beaucoup maigri. Cette année on s'retrouve dans la même classe, et j'ai sa perfection sous les yeux à longueur de temps, pendant que je sens cette graisse sur mon ventre quand j'me penche pour écrire.
Y a le fait que j'veux aller plus loin avec mon chéri, mais j'ose pas, j'ai honte de moi. H.O.N.T.E.
Et puis des tonnes et des tonnes de belles fringues que j'aurais pu avoir l'honneur de porter si seulement j'étais pas aussi ignoblement lourde sur cette balance. Ma 2e ennemie après moi.
Mais maintenant je sais, je sais que j'suis dedans, ana me voila, je suis là.
J'ai lu plusieurs régimes : Hollywood (ou Beverly Hills, les temps changent), le Mayo, le Kousmine... Nan, pas pour moi. J'ai opté pour le jeûne. Je connais, j'ai déjà pratiqué. J'ai échoué autant de fois. Mais pas cette fois.
J'ai tout de même peur des jours à venir. J'suis en vacances, et les invitations à dormir chez telle ou telle amies affluent. Ça va bien se voir que je n'mange rien. Tant pis «j'me sens pas bien, rien de grave» C'est vrai, rien de grave, une fois habituée... Ensuite, quand j'maigrirai semaine après semaine (pour mon plus grand bonheur), ça se verra aussi. Là j'ai envie de dire «Tant mieux» ouais, tant mieux. Et puis un jour on se dira «Tiens, elle est trop maigre la miss»... Tel est mon jour redouté, pour tout dire. Et puis quand les cours reprendront, quand mon chéri, mon coeur, mon amour verra que je ne mange rien, il va me faire une scène, puis il va me dire «si tu manges pas, j'mange pas» Et ça j'veux pas non. Lui, il est parfait comme il est. Et il est peut être même déjà trop maigre pour commencer à jouer à ce jeu.
Et maintenant que j'y repense, il y a quelques mois, j'avais déjà jeûné, comme je l'ai dit précédemment, j'me rappelle que devant la glace, ça s'voyait... ouais, j'avais dû perdre un bon 5kilos. C'était merveilleux, ce bonheur que j'avais ressenti quand Mamie m'avait dit «Ah oui, ça s'voit». Du bonheur pure et simple. Et c'est reparti pour un tour, mais celui-ci ne se verra pas stoppé par une putain de mauvaise alimentation. Non. Si vous saviez comme j'suis décidée.
Pour m'aider j'aurai encore et toujours la musique, ça peut paraître stupide ouais. Ces chansons qui sentent le haine et le désespoir à plein nez, c'est mon moteur, l'essence même de ma vie, et c'est partie, roulez jeunesse, adieu kilo, bienvenue monsieur jean.
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